Redécouvrir sa propre langue maternelle

29 mai 2025

Que se passe-t-il lorsque l’on regarde sa propre langue à travers les yeux de quelqu’un qui doit encore l’apprendre ? Pour moi, cela a signifié une redécouverte du néerlandais et de ce qui rend une langue si particulière.

Pendant longtemps, je n’ai pas donné de cours de néerlandais. Bien que ce soit ma langue maternelle, je me sentais beaucoup plus à l’aise d’enseigner le français et l’allemand. J’avais étudié ces langues de manière intensive durant des années. Je pouvais facilement en expliquer la grammaire et j’avais le sentiment de pouvoir réellement apporter quelque chose. Le néerlandais, en revanche, me semblait trop évident et, pour être honnête, un peu ennuyeux.

Ne vous méprenez pas : j’ai toujours pris plaisir au néerlandais dans la littérature, la poésie et les jeux de mots. Mais dans les formations linguistiques, où il s’agit du néerlandais comme outil de communication (dans les réunions, les appels téléphoniques ou les e-mails), il paraissait y avoir moins de place pour cette profondeur.

Expliquer le vocabulaire allait bien sûr plus facilement en néerlandais, mais il me manquait le défi. Mon amour pour le français et l’allemand était profond. Le néerlandais me paraissait être une langue que je « parlais tout simplement », sans l’avoir approfondie d’un point de vue professionnel.

Jusqu’au moment, il y a deux ans, où j’ai décidé d’accepter davantage de demandes de formations en néerlandais. Et à ma grande surprise, j’ai commencé à y prendre vraiment du plaisir. J’ai replongé dans ma langue maternelle, avec le regard d’une formatrice en langues. L’origine des mots et des expressions néerlandaises (l’étymologie) s’est révélée être un atout dans les cours de néerlandais langue étrangère. C’était comme si je redécouvrais ma propre langue.


Ce qui rend les cours encore plus intéressants, ce sont mes étudiants. Ils viennent des quatre coins du monde : Bulgarie, Afrique du Sud, Zambie, Ukraine, Liban, France, Turquie, Angleterre…

Cette diversité rend l’enseignement à la fois plus stimulant et plus enrichissant. Nous comparons les structures linguistiques, nous cherchons la logique et nous examinons comment leur langue maternelle peut les aider à apprendre le néerlandais. J’apprends autant d’eux qu’eux de moi.

Pendant les cours, des histoires personnelles émergent souvent. On découvre d’autres vies, d’autres perspectives. Cela crée du lien.



Et oui, lorsqu’on regarde de plus près sa propre langue, on commence soudainement à entendre des « fautes de langue » partout. Des phrases comme « Hij doet dat beter als mij » sautent alors aux oreilles. (Peut-être vous demandez-vous aussi ce qui ne va pas ici ?) La version correcte serait : « Hij doet dat beter dan ik. » Mais au fond, ce qui compte, c’est le message, et celui-ci passe généralement très bien. Dans les conversations, c’est pour moi plus important que la perfection grammaticale.

La photo ci-dessus montre trois de mes étudiants en néerlandais. Ils suivent tous des cours particuliers en ligne, mais ils se sont retrouvés spécialement pour une table de conversation en néerlandais. C’était un bel échange, plein de reconnaissance. Et le stress linguistique qui pouvait encore exister un peu sur le lieu de travail ? Il a complètement disparu.


Ce que j’abordais d’abord avec une certaine indifférence s’est révélé être une source d’énergie et d’inspiration nouvelles. Enseigner le néerlandais me met au défi, enrichit mon regard et me met en contact avec des personnes venues du monde entier. Et c’est peut-être cela, la plus belle chose dans une langue : les langues relient les gens.


Écrit par : Sofie Martens – language supporter chez Landa Languages

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